Stress et anxiété : ce que la thérapie humaniste peut changer
Par Warda Satouh, thérapeute humaniste5 min de lecture
Le stress et l’anxiété sont deux des motifs de consultation les plus courants. Ils se confondent souvent dans le langage courant, alors qu’ils ne se travaillent pas de la même façon. Voici comment je les distingue, et ce qu’un accompagnement peut réellement apporter.
Stress et anxiété ne sont pas la même chose
Le stress a un objet. Il répond à une situation identifiable : une échéance, un entretien, un déménagement. Il monte, il redescend une fois la situation passée. C’est une réaction d’adaptation, et à petite dose, elle est utile.
L’anxiété, elle, n’a pas besoin d’objet. Elle anticipe. Elle survit à la disparition de son déclencheur, et elle se déplace : une inquiétude réglée est remplacée par une autre. C’est ce déplacement qui épuise, parce qu’on ne peut pas gagner contre une cible qui bouge.
La distinction compte, parce qu’un stress se travaille surtout par des outils concrets, alors qu’une anxiété demande d’aller voir ce qu’elle protège.
Ce qui entretient l’anxiété sans qu’on le voie
- L’évitement. Éviter la situation redoutée soulage sur le moment et renforce la peur à long terme : le cerveau n’apprend jamais que la situation était supportable.
- Le contrôle. Tout vérifier, tout anticiper, tout prévoir. Cela donne une illusion de maîtrise et augmente en réalité le niveau de vigilance.
- La rumination. Retourner un scénario dans sa tête donne le sentiment de travailler le problème, alors qu’on ne fait que l’entretenir.
- Le jugement de soi. S’en vouloir d’être anxieux ajoute une seconde couche de souffrance à la première.
Ces quatre mécanismes ont un point commun : ce sont des tentatives de solution. Personne ne les met en place par bêtise. Elles ont fonctionné à un moment, et elles se sont installées.
Ce que fait un accompagnement humaniste
Il commence par ce qui tient debout
La psychologie positive, sur laquelle je suis certifiée, ne consiste pas à voir le bon côté des choses. Elle consiste à repérer ce qui fonctionne déjà : les moments où l’anxiété est moindre, ce que vous avez déjà traversé, les ressources que vous ne comptez plus parce qu’elles vous semblent normales.
Ce n’est pas un détour agréable avant d’attaquer le vrai sujet. C’est ce qui rend le travail possible : on ne construit rien sur un inventaire de manques.
Il donne des outils utilisables le jour même
- Des exercices d’ancrage, pour redescendre quand la tension monte, en séance puis seul.
- Un travail sur les pensées automatiques : les repérer, les nommer, cesser de les prendre pour des faits.
- Une exposition progressive aux situations évitées, par étapes que vous choisissez, jamais imposées.
- L’identification de vos signaux d’alerte précoces, pour intervenir avant le pic plutôt qu’après.
Il cherche ce que l’anxiété protège
Une anxiété tenace remplit presque toujours une fonction. Elle protège d’un risque de rejet, d’un souvenir, d’une exigence intériorisée. Tant que cette fonction reste invisible, les outils soulagent sans résoudre.
Le but n’est pas de supprimer l’anxiété. C’est qu’elle cesse de décider à votre place.
Combien de temps cela prend-il ?
Les outils produisent souvent un effet en trois ou quatre séances : c’est rapide, et c’est ce qui permet de tenir le reste du travail. Le travail de fond, celui qui touche à la fonction de l’anxiété, demande davantage de temps, et vous en décidez la durée.
En cabinet, en visio, ou chez vous
Pour le stress et l’anxiété, la téléconsultation fonctionne très bien, et elle supprime un obstacle non négligeable : quand se déplacer fait justement partie de ce qui angoisse, commencer depuis chez soi est parfois la seule façon de commencer.
Parlons de votre situation
Un article ne remplace pas un échange. Si quelque chose dans ce texte vous a parlé, une première séance permet d’en parler concrètement, sans engagement au-delà.
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